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moi, féministe

mustache

Il y a quelques années, j’ai écrit sur ce blog un post intitulé « pourquoi je ne suis pas féministe ». Je parle rarement de mes engagements et valeurs socio-politiques ici, pourtant ces dernières années – et particulièrement ces deux dernières à Montréal – m’ont permis de réaliser à quel point certaines choses m’importent.
Je disais il y a 4 ans « je ne me sens pas féministe parce que ». Aujourd’hui, j’ai envie de l’assumer enfin, de le dire non plus comme un secret honteux mais comme une fierté : je suis féministe. Parce qu’il ne peut en être autrement.

Mon féminisme est né il y a longtemps, mais je n’avais pas conscience de cette réalité à cette époque. Ma vision de ces valeurs était étriquée et biaisée par les quelques personnes et mouvements qui prenaient le devant de la scène, j’avais des idées préconçues du féminisme faute d’avoir lu/vu autre chose. (…)

babyfoot

babyfoot

Chères toutes-les-agences-de-comm-cool-de-Montréal,

Je vous écris aujourd’hui dans le cadre de ma recherche de job. En effet, tu le sais peut être (ou pas), mais voilà, ça fait environ depuis fin Août que je n’ai plus de vraie job pour payer mon loyer. Alors on est pas là pour faire pleurer dans les chaumières, t’inquiètes pas, je le vis pas trop mal, et puis ça m’a donné du temps pour plein d’affaires que je laissais traîner, comme me racheter des bas en laine, réparer trois fois un flat sur mon pneu arrière de vélo, et apprendre le CSS. C’est pas si pire comme bilan.

Quand on cherche une job, généralement, les journées se ressemblent pas mal toutes. D’abord je me lève (tard), en pensant que bah anyways à quoi bon mettre le réveil puisqu’on a rien de super excitant à faire. Puis je m’installe devant mon laptop. Chez moi mon bureau c’est dans la cuisine, derrière ma fenêtre, au soleil. Je mets de l’eau à chauffer pour mon thé, je fais griller du pain de chez Mamie Clafoutis parce que ma coloc travaille là-bas et que leur pain au kamut est simplement merveilleux, je prépare mes oeufs brouillés (la vie), et je commence à geeker. (…)

être loin.

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Alors qu’on se retrouve catapultés en hiver en 48 heures à base de neige et de ressenti -12°C, je réalise le temps qui passe, doucement, mais sûrement, et au delà du temps, la distance qui me sépare de « chez moi ». Chez moi. Cette expression prend un sens étrange lorsqu’on vit à 6000km de là où on est née, séparée d’un océan. Jusqu’ici, je crois que je n’avais pas complètement pris la mesure de ce qu’implique l’expatriation, mais ces derniers mois m’ont fait réaliser à quel point je suis loin. Pourtant, chez moi, c’est ici, et chaque jour plus que jamais.

Être loin, c’est une notion du temps toute particulière. J’ai parfois l’impression que si les jours s’écoulent pour moi ici, il n’en est rien là-bas, qu’on va se retrouver comme si on s’était quittés hier, que rien n’aura changé. (…)

avec des si

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Il est doux, ce début d’automne. Doux comme un déjeuner sur le balcon, comme porter une jupe qui vole pour aller magasiner sur Sainte Cath, doux comme me réveiller beaucoup trop souvent le nez dans son odeur, et y prendre goût. Ya les up&down, pourtant. Les matins sourires et les après-midi qui sans raison donnent soudainement l’envie de se rouler en boule sous la couette, protection pour pas mordre les mains qui se tendent vers vous, attendre, en silence, que ça passe. Le moral aussi fluctuant que les températures, les 25°C soleil ressenti 30 qui se transforment en pluie vent 8°C bonnet gant et manteau à la fin de la semaine. C’est les tas des feuilles dans les rues qui grincent sous les pneus du vélo qui grince. Les soirées à découvrir de nouveaux bars dans le coin, boire pour rire, sourire, pour oublier demain, puisqu’on peut pas faire de plan. Les journées pour prendre l’air, respirer loin de la ville, regarder les arbres se teindre doucement. (…)

De Rosemont à Jarry

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Voilà bientôt 2 ans que je vis dans ce quartier (oui,ça fera 2 ans en Février, laissez moi les quelques mois qui manquent…), d’abord côté Rosemont-Petite Patrie, puis j’ai emménagé dans la Coloc’ Bien, deux blocs plus au Nord, et je suis passée du côté Villeray de la Force. Ce quartier, c’est mon quartier. Arrivée là par hasard (je voulais vivre sur le Plateau – comme tous les Français – j’ai finalement trouvé une chouette coloc rue Bélanger où j’ai passé 6 mois), je suis tombée sous le charme, et lorsqu’il a fallu déménager je n’ai pas voulu m’éloigner. Alors oui, on me dira « Jean-Talon ? c’est loiiiinnn ». Mais loin de quoi ? D’Hochelag’ ? De St Henri ? J’y vais très rarement…

Non, Villeray ce n’est PAS loin. Je suis environ à 30 min de à peu près partout où je vais régulièrement. (…)

les cicatrices invisibles

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J’avais dix-huit ans, la première fois. J’avais dix-huit ans, et en moi comme un besoin, une évidence, marquer ma peau pour tracer cette cicatrice invisible, dessiner la trace d’une blessure intérieure, un secret bien enfoui. J’avais dix-huit ans, et c’était un oiseau, pas parce que c’est joli, non, parce que Swallow. Parce qu’Ello, avec deux ailes, parce que je voulais jamais oublier, pour cautériser enfin la plaie de cette adolescence brûlante et douloureuse.

Une hirondelle.

J’ai mis huit ans, pour la seconde fois. (…)

et si on partait dans le Sud

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Le mois de Mars au Québec est à mon sens un des pires de l’année (avec Novembre). L’hiver est fini, mais pas vraiment, on a plus le goût de skier, la neige fond, et pourtant il fait froid. C’est la période idéale pour partir prendre le soleil dans le Sud, comme on dit ici : Floride, Mexique, République Dominicaine, Cuba… Je ne suis pas encore partie « dans le Sud » mais j’avoue y avoir pensé. Fort. J’aime l’hiver, mais il n’y a rien de mieux que d’aller bronzer les pieds dans le sable pendant que les gens se gèlent les fesses chez soi (oh ce souvenir d’un retour de Guadeloupe à Paris en Mars… dur!).

On m’a demandé d’imaginer un séjour pas cher quelque part dans le Sud, au départ de Montréal. Alors imaginons. (…)

le vent nous portera (encore)

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Cet été aura duré deux ans, up and downs, les amis, les soirées, le soleil, les chalets, et aussi la pluie, cette semaine d’automne en avance qui plombe le moral et renfile jeans et bottes. Les soucis, parce qu’on réalise qu’il faut repartir à nouveau en recherche de boulot, parce que le compte en banque se vide plus vite qu’il ne se remplit. Et le manque, implacable, celui qu’on a pas vu venir, celui qui te coupe les jambes et te bouffe toute envie de bouger, manger, dormir. Les nuits à tourner. Les larmes qui montent parfois. Le goût de rien.
Et puis on y est (…)

une rencontre

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Est-ce que tu te souviens ?
C’était en Décembre. C’était un jour d’Août. C’était un soir de Mai. Un samedi de Février. Un mardi, début juin. On avait 15, 18, 22, 26, 27 ans – presque 28. C’était à Barcelone, à la montagne, à Paris, à Montréal. En vacances, en voyage scolaire, chez des amis communs, dans un parte, sur le bord d’un trottoir.
Te souviens-tu, des premiers mots ? C’est souvent des banalités, parfois une phrase se grave à jamais dans notre esprit. Tu chantais avec tes potes pour mendier quelques euros et acheter des sandwiches moins dégueus que ceux que votre auberge vous avait préparé. J’ai ri, mon samdwich était pas si pire, et on a engagé la conversation. C’était « I feel it in my fingers, I feel it in my toes… » de Love Actually, j’avais pas vu le film, tu m’as dit que c’était un de tes préférés. J’ai sorti cette phrase un peu con, alors que j’avais même pas en tête de te draguer « on s’est pas déjà vu quelque part ? » (…)

sur la route du Saguenay

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En Juillet, j’ai donc eu la visite des copains Ludi et Clément. Vu que j’accueille en ce moment la team Tattoorialist aka Mylène et Nico, on me fera remarquer que j’ai beaucoup d’amis couples, et que c’est pas chiant quand même de tenir la chandelle ? Alors non vraiment pas, tu vois j’ai des amis couples qui sont juste géniaux et adorables et avec qui je me sens pas du tout « en trop » (enfin pas toujours) et que j’adore tous les deux même si dans le cas des premiers je connais Ludi depuis des années alors que Clem, bon c’est un rajout plus récent, mais disons que c’est le genre de couples avec qui je peux parler autant à l’un qu’à l’autre et qui sont vraiment pas chiants.

Faque j’ai pas vraiment eu peur de me retrouver en mode trouple (couple à trois) pour un mini-road trip entre amis, direction le Saguenay. (…)

le vent dans nos cheveux

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Juillet se termine sous les trombes d’eau d’un orage d’été, Dora a peur, miaou miaou, je ne comprends pas, j’ai beau lui demander de s’expliquer, miaou miaou encore. Un an que j’ai recueilli l’animal, un an que j’ai emménagé dans cet appart, que le temps passe vite.

J’ai la plume sèche. J’écris plus, plus vraiment, plus ici. J’ai des choses à raconter pourtant, comme le fait que j’ai eu 28 ans sans encombres, beaucoup fêté, et même que les amis étaient là, qu’on est partis au Saguenay et à Tadoussac, et que c’était beau. (..)

vingt-huit.

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Dans quelques heures, j’ai 28 ans. Je dis dans quelques heures car si on est encore le 16 en après-midi au Québec, je suis née un 17 juillet à 2h15 du matin en France. Ce qui fait qu’ici, on était encore le 16, vers 8 heures du soir. Je vais donc changer de date d’anniversaire.

(oui cette réflexion est un peu mindfuck mais très cohérente…)

Comme souvent à l’approche de mon anniversaire, je suis prise d’un étrange blues. Je veux me persuader que non c’est pas grave de prendre un an de plus, que date d’anniversaire ou non c’est un jour comme les autres, que tout ça n’a pas vraiment d’importance. Pourtant, cette année encore et malgré mon état d’esprit généralement très positif de ces derniers mois, j’appréhende. Quelque mélancolie me prend doucement au ventre, et je sais que le jour J, je vais passer par toutes les émotions, pour finir au fond de moi avec cette pensée : tout ça pour ça. (…)

le grand déménagement

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Il existe au Québec une coutume assez étrange. Chaque fin de semaine du 1er juillet, la moitié de la ville déménage. Alors les rues se remplissent de camions, et les trottoirs de meubles, cartons et autres encombrants (c’est le moment de faire les poubelles) (je remets plus la main sur cet article où je disais faire les poubelles, mais true story).

Le 1er juillet, c’est (officiellement) la Fête du Canada (l’équivalent de notre 14 juillet). Sauf qu’au Québec, province souverainiste s’il en est, la Fête Nationale est le 24 juin, pour la Saint-Jean. Et la Régie du Logement (on aime bien les Régies au Québec) a décidé dans le plus grand hasard que tous les baux de location commenceraient… le 1er juillet. (…)

et les amours

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Je ne sais plus dire je t’aime.

Enfin, je crois. Bientôt deux ans que je suis « célibataire ». Avec des avec et des sans, des coups de coeur, des moments tendres, des moments doux, d’autres plus violents. Des gens qui s’en vont, des qui sont loin, des qui n’iront nulle part parce que c’est comme ça – question qu’on est pas compatibles. Deux ans que je vogue d’un corps à un autre, sans jamais m’accrocher vraiment. Deux ans que je n’ai pas dit je t’aime à quelqu’un d’autre que ma famille, mes amis et mon chat. Pourtant j’ai eu des papillons dans le ventre, souvent ; je suis tombé amoureuse, parfois ; j’ai pleuré tard le soir, et eu envie de frapper dans des murs quand ça faisait trop mal au ventre. J’ai crié des mots d’amour très fort dans ma tête et sur le papier quelques fois parce que c’était vrai, sur l’instant, mais j’ai gardé tout ça pour moi parce que c’est toujours éphémère, ces émotions, parce que ça implique tellement de les sortir ; parce que je sais bien que ça prend du temps d’aimer pour de bon. (…)

alors quoi

bakcon

Alors, il se passe quoi dans ta vie pour que tu blogues plus ?

Bonne question. Je disais même à Camille il y a quelques jours qu’en ce moment elle blogue plus que moi. Niveau Instagram je suis aussi au ralenti avec une moyenne de 4 photos par semaine au lieu de au moins une par jour. Preuve que je me relâche : j’avais pas posté de photo de Dora depuis deux semaines (absence à laquelle j’ai remédié cet après midi).

Il se passe quoi, donc ?

Il se passe que c’est le début de l’été à Montréal. J’insiste sur « été » car si techniquement on est au printemps depuis 3 mois, ici c’est un concept qui se décline en deux phases : fin de l’hiver, et début de l’été. Faque si on résume les saisons au Québec ça ressemble à ÉTÉ – AUTOMNE – HIVER – ÉTÉ.

changer

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Seize mois à Montréal. C’est court, et c’est pourtant déjà une de mes plus longues relations – et elle n’est pas prête de finir. Loin de l’amour-haine que je portais à Paris ou de ma fascination pour Marseille, le lien s’est créé très vite avec Montréal. C’est une ville facile, qu’on aime rapidement, qui vous offre sa douceur de vivre et son ambiance particulière. Pas de cachotterie, elle s’offre à qui veut bien la prendre, et rare sont les personnes qui n’ont pas succombé.
En seize mois j’ai beaucoup changé. Ce n’est pas juste Montréal qui a joué, c’est des rencontres et des expériences nouvelles, mais j’aime à croire que rien de tout cela ne serait arrivé à Paris. Montréal a ce talent, si on sait s’y ouvrir, de révéler les choses positives, de prendre du recul sur le monde, de nous laver du stress et de l’agressivité qu’on trimballe dans la capitale métropolitaine. Avec l’impression de m’être (re)trouvée. L’impression qu’ici, tout peut arriver. (…)

lettre d’introduction

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Je réalise pas vraiment je crois, il est 1 heure du matin et je suis un peu en train de pleurer dans mon lit en me disant toutes les 30 secondes « merde c’est réel », et je réalise tout ce que j’ai porté ces derniers mois.

J’ai eu le mail cet après midi qui disait « vous avez un message dans votre compte MonCIC », mais j’étais en train de faire autre chose et j’avais pas le temps de regarder alors j’ai dit « on verra plus tard, en rentrant », et j’ai oublié. Ca parait un peu débile d’oublier un truc qu’on attend depuis des mois, mais c’est ça, comme si à force de plus y croire, à force de me trouver face à un mur et d’essuyer les plâtres des coups que je prenais, ça avait perdu de l’importance. Les gens autour vous diraient que j’avais l’air d’aller bien, l’air de pas me faire de soucis, et c’était vrai. J’attendais plus vraiment, le dossier était en cours, je savais que « normalement » ça allait passer, que « normalement » c’était accepté, que c’était une question de jours. Et les jours passaient, et je me fie plus aux « normalement » depuis Décembre 2013 – ya eu beaucoup trop de « normalement » qui ont pas fonctionné comme prévu. (…)

alors on est allés voir la mer

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C’est toujours trop court. Le temps de se dire salut ça va, de rattraper les nouvelles, ton visa, ton boulot, les amours, et on commence à peine à parler de vraies choses – des choses dont on discutait quand on se voyait, avant – que c’est déjà le moment de se dire au revoir. Next. Traverser Paris sous terre, les lignes s’enchaînent et se ressemblent toujours un peu, je connais presque par coeur le tracé des couleurs sur le plan, changement, couloirs blancs, les 4×3, l’odeur de la pisse. Raconter pour la 5e fois la même chose, répétition absurde qu’on enchaîne pourtant presque avec plaisir, parce que ça fait du bien de se voir. Vraiment. C’est frustrant, aussi, parce qu’il suffit d’un mauvais jour, d’une fatigue passagère, et on se loupe – c’est la vie. (…)

deux semaines

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Voilà, je suis en France. Non, c’était pas prévu, c’est pas non plus un souci de Visa, ni un retour définitif (ouf). Ma maman a eu un accident de vélo lundi dernier – un accident stupide d’enfant qui s’amuse avec ses copines, une chute version soleil, un voyage en camion rouge avec de jolis pompiers, un passage en chirurgie. Bassin fracturé, poignet cassé, immobilité forcée, plusieurs mois de rééducation à venir, et un voyage prévu au Québec en Mai pour me voir reporté jusqu’à nouvel ordre. J’ai reçu le texto de mon père, et puis j’étais là le ventre serré et puis on s’est parlés au téléphone. J’ai vu ma mère sur un lit d’hôpital, coincée. J’ai imaginé ma mère immobilisée, et comment ça devait la rendre dingue. J’ai senti comme elle devait être triste et en colère de pas pouvoir me voir. J’ai pas trop réfléchi. J’ai pris un billet d’avion pour dans trois jours, et je suis rentrée. Puisque ma mère ne pourra pas venir à Montréal, c’est Montréal qui viendra à elle. (…)