la Mauricie en vert, bleu et gris

20 May

la Mauricie en vert, bleu et gris

Il y a un peu moins d’un mois, le printemps est arrivé à Montréal. Depuis il s’est installé avec des hauts et des bas, des semaines de chaleur écrasantes qui ont été suivies par des journées à seulement quelques degrés. Ce week-end là, ça faisait presque trois mois que j’étais ici sans être vraiment sortie de l’île de Montréal à part pour trois jours à Toronto – qui n’est pas ce qu’on appelle une ville “nature”. J’avais besoin de grand air, d’espace, d’arbres, de lacs, de verdure. Il faisait beau, alors on a décidé de louer une voiture, de se trouver un endroit pour dormir, et de partir voir ailleurs si c’est joli.

Le choix s’est porté sur le Parc de la Mauricie. A seulement 170km de Montréal, ça nous évitait de passer la journée sur la route, et puis j’étais tombée sur un article de Lili qui m’avait vraiment donné envie. J’ai réservé un bed&breakfast, embarqué un jean, des lunettes de soleil et mes chaussures de marche dans un sac à dos, et on est partis.

Sur la route, on s’est arrêtés à Trois-Rivières, une ville située à mi-chemin entre Montréal et Québec, sur les bords du Saint Laurent. C’est un joli petit port, sans vraiment d’attrait mais mignon. La ville doit son nom à la rivière Saint-Maurice qui se jette à cet endroit dans le fleuve Saint-Laurent, formant deux petites îles – et donc trois “rivières”.

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partir, c’est mourir un peu

13 May

partir, c’est mourir un peu

Avant toute chose, je tiens à dire que je ne suis pas d’accord avec cette phrase. Alors oui, si on lit le poème d’Edmond Haraucourt dans son intégralité (je vous rassure, comme tout le monde je connaissais la phrase mais pas son auteur ni le texte en entier: Google est mon ami), on comprend un peu mieux ce qu’il a voulu dire, mais bon.

Venons en au fait.

Lorsque je suis arrivée au Canada, un ami (français, expatrié ici depuis 4 ans) m’a dit: “tu verras, tu vas prendre l’habitude de dire au revoir, et c’est pas toujours facile de voir partir les gens”. Sur le moment, j’ai rigolé, je lui ai dit t’es gentil, mais j’ai pas mal bougé, changé d’amis, des gens qui ont été importants un moment et ont disparu de ma vie, j’en ai eu des tas. Et puis j’ai récemment expérimenté la chose. Et j’avoue que je comprends mieux. A Montréal, les Français sont souvent là en CDD: PVT, expérience, stage, études. Il y a ceux qui repartent parce qu’ils ont fait leur temps, ceux qui n’ont pas réussi à renouveler leur Visa, ceux qui ne passent pas l’hiver, et d’autres.

Alors oui, dans n’importe quel endroit on a toujours des gens qui partent, qui quittent Paris pour la Province, ou ailleurs. Mais lorsqu’on est entouré d’expatriés, le turn over est un peu plus fréquent.

Dans deux mois, un autre de mes amis va quitter Montréal. Ca fait 7 ans qu’il est au Québec, d’abord pour les études, puis pour le boulot, et pourtant il a décidé de rentrer, pour reprendre des études et se rapprocher de sa famille. Parmi ceux qui restent, il y a celui dont la mère est malade, celle dont la soeur a accouché, ceux dont les amis se marient. Ici, notre famille, c’est les amis, les autres expatriés qui comme nous ont décidé de quitter leurs proches pour refaire leur vie.

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New York

9 May

New York

Je pourrais vous raconter New York comme un guide touristique – mais j’ai pas envie, cette fois, de raconter par le menu tout ce que j’ai fait avec les “bonnes adresses” et les trucs à voir, et puis d’autres s’en chargent tellement mieux que moi. Ce week end était une parenthèse – une de plus parmi ces dernières semaines, après Toronto et le Parc de la Mauricie, sur lesquels je reviendrais aussi -, un coup de tête, une décision prise à quelques jours d’un départ anticipé, comme un au revoir.

New York depuis Montréal, c’est 8 à 9 heures de bus – seulement 600 km, mais tellement mal desservi autrement qu’on se retrouve à passer la frontière américaine à bord d’un Greyhound, lors d’un voyage un peu trop long. Dans les Greyhound, il y a des prises, et le WiFi qui marche un peu quand il veut. A la frontière, on doit sortir, montrer patte blanche, payer 6$ pour pouvoir poser le pied sur le sol américain. Après Plattsburg, il y a Albany, ville perdue au milieu de cet état qui s’appelle New York, gare routière fantôme à minuit et demi. Et puis au bout, après ces heures interminables, après avoir vu le soleil se coucher derrière les forêts, il y a la ville.

 
 

J’avais oublié comme New York est immense. Oublié cette densité, ces immeubles infinis qui font se pencher en arrière jusqu’à perdre l’équilibre si on veut voir le bout, les lumières de Time Square qui ne s’éteignent jamais. La pauvreté aussi, les errants qui puent dans la gare routière, les édentés qui font la manche, un morceau de carton accroché autour du coup pour réclamer un geste du coeur. J’avais oublié l’odeur si caractéristique du béton, les fumées sous les plaques d’égout, le métro incompréhensible, les briques rouges de Brooklyn.

La ville qui ne dort jamais. (more…)

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trois mois

7 May

trois mois

Ce week end, j’ai fêté mes trois mois à Montréal. Trois mois, c’est long, c’est court, c’est tout à la fois. Trois mois, et il y aurait tant à dire. J’ai des milliers de phrases qui se bousculent dans ma tête, des idées d’articles qui surgissent à chaque coin de rue, des quantités invraisemblables de photos à trier, développer, partager.

Pourtant, ce qui sort au final sur ce blog, c’est pas grand chose. Lorsque je trouve le temps d’écrire, je colle quelques phrases et photos Instagram, ça ressemble à pas grand chose – à une carte postale, a dit Lousia. Lorsque je prends le temps d’écrire, je devrais dire. Mes semaines passent à mille à l’heure, et je pourrais pourtant trouver le temps de me poser devant mon ordi, d’aligner quelques lignes. Il suffirait que l’envie soit là, peut être, ou qu’il fasse un peu moins beau.

La vérité – je crois – c’est que je vis de plus en plus dans le réel. La réalité de ma nouvelle vie. Mon boulot qui a beau intégrer les réseaux sociaux et n’être qu’à 35 heures (++ heures supp)/semaine, je n’ai plus le temps de suivre les histoires de oueb comme je le faisais avant. Mes soirées qui commencent à 17h30 – sortie du boulot – et pourraient me laisser l’opportunité de prendre ce temps, mais que je préfère occuper à marcher dehors, sous ce ciel bleu incroyable qui me rappelle mon Sud natal.

Trois mois, qui semblent marquer doucement mon détachement d’avec la France. J’ai arrêté de suivre l’actualité, j’ai eu vent de quelques drôleries (et pathétismes) politiques via Twitter, pas eu le goût de chercher plus loin. Je me suis mise à lire les blogs Québécois – pour le peu que je lis – lors de ma veille quotidienne. Et puis il y a ce lien qui s’atténue, doucement, avec les gens. Je n’ai plus le temps de Skyper, textoter, mailer – ou plus rarement. Les échanges se raréfient, lentement, on prend chacun de notre côté de l’Atlantique de nouvelles marques – la distance fait son chemin, sélectionne, joue son rôle.

Je n’ai pas peur, je sais qu’on ne se perdra pas. Je vais rentrer, bientôt, dans deux mois, le temps d’une dizaine de jours, et puis repartir. Loin des yeux ne veut pas dire loin du coeur, mais la distance transforme ces relations du quotidien, les emmène doucement vers un quelque chose d’autre – peut être plus profond – car quand on se parle, quand on s’écrit, on aborde les vraies choses, celles qui touchent, celles qui comptent vraiment.

Etrangement, je me détache aussi de  mes habitudes de geek – checker Hellocoton chaque matin, suivre un tas de trucs sur Twitter, lire des blogs, bloguer. Le seul réseau sur lequel je suis toujours, c’est Instagram, par sa simplicité, parce que j’aime partager l’instant, parce qu’une image parle tellement plus.

Reprendre un pied avec le réel, tout doucement. Une vie sociale IRL. Ne garder les réseaux sociaux que pour ceux qui restent, garder le contact, un peu, partager un peu de ma vie avec ceux qui sont loin.

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summertime

3 May

summertime

Je n’ai plus trop le temps de bloguer en ce moment – j’avais prévenu que MonNouveauJob allait bien m’occuper, je ne m’attendais pas à ne plus avoir le temps de rien, Twitter, ou même d’Instagramer. Mais bon, je vais pas m’en plaindre, le temps passe plus vite comme ça, et c’est motivant… Je n’en parle pas trop ici, mais j’ai pris la responsabilité d’un projet événementiel (en plus de la gestion des réseaux sociaux), et je me plais vraiment dans ce que je fais.

En quelques jours, l’été est arrivé sur Montréal. Comme tombé d’un coup, alors qu’on se promenait encore en gros manteaux il y a 2 semaines, les températures ont explosé depuis le week-end dernier. Dans les rues, les arbres encore gris il y a quelques jours ont vu pousser leurs premières feuilles, les pelouses ont verdi, et la ville respire l’odeur des épandages de fumier sur les champs à l’extérieur. Alors ça sent bizarre, mais comme on disait avec mes collègues ce midi, au moins, ça sent pas la pisse du métro à Paris.

Et puis il y a cette ambiance étrange, comme si Montréal revivait, les gens sortent, les terrasses se remplissent, les oprtes sont ouvertes. Les filles portent des jupes et les gars des shorts, on se promène en tongues. Je comprends soudain mieux pourquoi les magasins se sont remplis de sandales depuis le mois d’Avril… Il y a encore 3 semaines on se prenait une tempête de neige, et là, pouf, on est déjà en Mai et c’est presque l’été.

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