Archives | October, 2008

v2.1e02 – you can’t always get what you want

1 Oct

Octobre, vendredi
- Elles sont belles tes dernières photos.

J’ai dit ça d’un ton badin, le genre qui veut rien dire mais qui donne juste du ventre à une conversation. Il a pas répondu. On s’en foutait de toute façon. Il a ouvert une nouvelle bière, ça faisait peut être la dixième, j’en sais rien je comptais plus, ni les miennes d’ailleurs. S’est enfilé une rasade.
Et puis on est sortis.
Il faisait pas froid dehors. Une bizarre nuit d’automne avec le ciel et même des étoiles. Ca change, pour une fois. J’ai pas senti le froid sous ma jupe, à cause de ça je portais pas de veste, juste un pull et une écharpe. Et ses mains autour de moi.
C’était toujours la même.

On a marché longtemps, dit des mots sans substance, aligné des voyelles et des consonnes en forme de conversation sérieuse pour mieux se sentir exister. Nos pas dessinaient des lignes courbes sur le sol, les pavés de travers où se coinçaient mes talons. Il a dit un truc comme quoi on allait mettre encore plus de temps à arriver, parce qu’à force de marcher pas droit on faisait le double du chemin.
Depuis quand ça comptait, le temps pour aller quelque part ?
De toute façon une fois arrivés on est pas rentrés. Tout le monde était dehors, on les a regardé de loin et je sais plus qui a dit en premier, on est allés chez moi. Traversé la ville en travers, l’autre sens, toujours ces lignes pas droites sur les rues, passés devant la gare, pas regardé les feux rouges ou verts quand on traversait.

Après ça on était déjà là, et on a commencé à faire semblant qu’on allait faire l’amour, ou baiser, c’est selon qui prononce.
Il se passera rien.
Comme toujours.
Juste l’ironie d’être trop paumés pour prendre une décision. Le besoin d’être loin aussi. L’absence de réel désir pour donner l’illusion.

Alors j’ai pris sa main dans la mienne. Et il était déjà cinq heures. Alors il est parti.

v2.1e01- about you now

1 Oct

Octobre, samedi

Il y a un fantôme dans mes nuits blanches. Un regard absent de ma vie. Des masques de verre qu’on porte pour se faire croire que tout est normal.

Y a pas de bouton off à cette histoire. Juste des bouts de tissu qui se déchirent. Des lumières dans la nuit. Des mots d’amour inutiles, des gestes solitaires, des caresses impossibles.
Et des larmes, parfois.

La musique qui s’écoule, parce que j’ai accepté de t’aimer, et qu’on sera plus jamais comme avant. Ca laisse des traces, tu sais, les petites brûlures qu’on s’inflige, les miniatures de baisers volés. On ressort pas indemnes.
J’avais juste rêvé d’un jour blanc. D’une nuit crème. De fumée ivoire qui s’échappe de nos lèvres, à cause du froid de l’air peut être, ou de la buée.
Qu’est ce qu’on s’en fout après tout ça, du reste.

Seulement tes mains sur mon ventre, ton souffle dans mon cou. Te respirer. Dormir. Ne rien attendre d’autre
que le jour qui se lève