Je sais, je vous apprends un truc de ouf là. Une vérité vraie complètement novatrice, une révélation qui va révolutionner votre vie… Que j’explique: hier soir j’ai regardé ce film, « The Notebook« , ou « N’oublie jamais« . Un truc romantico émotiono happy ending à base d’histoire d’amour qui dure toute la vie et qu’ils s’aimèrent très fort et vécurent longtemps et eurent beaucoup d’enfants (là je suis en train de me poser des questions d’accords grammaticaux temporels… on va dire que j’ai juste, hein). Et puis il y a quelques semaines j’ai regardé Blue Valentine, une autre histoire d’amour ou cette fois ils n’eurent qu’un enfant et s’aimèrent un peu moins longtemps. Bon, j’ai préféré largement Blue Valentine à The Notebook, mais là n’est pas le propos.

En regardant ces films plein d’amuuurr et de romantisme qui font qu’on aimerait bien être à la place de la fille le temps du film (ceci n’étant pas directement lié à la présence de Ryan, NDLA), je me suis dit qu’au fond c’est bien joli toutes ces histoires, mais que du coup notre histoire d’amour à nous (celle de la vraie vie) parait complètement fadasse et banale à côté. Outre les happy endings et situations rocambolesques (genre les histoires dans un cirque du 19e siècle ou les trucs de vampires qui peuvent pas se toucher*), si on prend des bases « classiques » de trucs réalistes, déjà, on est foutus.

LE lieu de rencontre hype

D’abord, la rencontre. Dans le film, le mec voit la fille, tombe instantanément amoureux (le coup de foudre, que ça s’appelle). Nan mais sériously, dans la vraie vie vous avez déjà vu des gens qui, sans s’être échangé un mot, décident que « yoooo c’est la femme de ma viiiiee«  (et ça marche) ?! Bon, passe encore. Après quoi le mec tente un tas de trucs supers drôles, mignons, touchants pour l’aborder, et la fille craque et accepte un rendez vous. Dans la vraie vie, si un mec t’aborde dans la rue genre « mademoiselle tu es le soleil de ma vie (Cofidis) je veux te faire tout plein de bébés et mourir sénile et tout fripé dans tes bras« , bah… tu pars très très vite en courant.

Je sais pas vous, mais moi la plupart de mes rencontres c’est plutôt du genre lui et moi, dans une soirée chez des amis/étudiante/autre, on discute, lui veut me sauter, moi je le trouve pas mal, on a un peu bu, et si on couchait ensemble ? Et plus si aff, en fonction de l’haleine au réveil et de l’état d’ébriété de la nuit. Dans les films non, c’est rare que les gens couchent le premier soir, et puis ça les dérange absolument pas de pas encore avoir couché ensemble pour dire qu’ils s’aiment pour la vie (ok à 15 ans je faisais pareil, mais après… ?).

toi aussi, (re)tombe amoureuse de ton ex sous la pluie

Et puis il y a le premier baiser, le truc toujours hyper romantique, coucher de soleil, phrase pas terminée, rapprochement suspicieux sur un canapé, porche sous la pluie. Si on peut considérer que oui, le bisou de fin de soirée devant la porte au moment où le mec te ramène chez toi après le premier date est bien réel, le reste est un peu trop cliché. La première fois, on s’emmêle parfois les pinceaux, de quel côté tu penches la tête, comment je te touche, ah mais il embrasse bizarrement.

Parlons en aussi, du moment clé où les héros couchent ensemble. Alors là, c’est un peu le summun de l’anti réalité. D’abord, dans les films américains, ils ne connaissent pas les préliminaires (surtout si c’est leur première fois – genre dépucelage en direct cash pistache, sans caresses et sans lubrifiant, wééé) (et la fille prend direct son pied, bien entendu) – et là, mention spéciale à Blue Valentine pour la scène du cunni. Et puis quand ils terminent, ils se retrouvent toujours (presque) avec la couverture bien au dessus des seins (oui moi aussi je fais toujours l’amour avec un drap/une couverture sur moi) (des fois que j’aurais froid) (et les draps/couvertures ne se retrouvent jamais à l’autre bout du lit, en boule). Et ils sont pas du tout transpirants et plein de sueur de l’autre, la fille n’a absolument pas besoin d’aller aux toilettes juste après, et malgré la nuit torride, son make up n’a pas bougé d’un poil (d’ailleurs dans les films les filles ne se démaquillent jamais).

le drap auto fixant sur les seins. nouveau concept

Et puis la capote, tiens. Dans les films, le SIDA et autres MST n’existent pas. On parle capote dans  American Pie, à la limite, parce que c’est une pure préoccupation d’ado. A 25 ou 30 ans, of course, on ne se préoccupe plus de tout ça.

Bref, on passe rapidement, l’idylle amoureuse du couple à ses débuts, les enfants, la vie qui va bien. Le héros part à la guerre, ils s’écrivent de longues lettres romantiques, le mec organise un truc surprise trop bien pour demander la fille en mariage, le mariage est génial (il ne pleut jamais). Tout est toujours beau et rose, pas de problèmes de baisse de libido, de pieds qui puent, de bobonne qui se laisse aller ou de pépère qui pète au lit. Ils s’aiment toujours aussi fort, se trompent parfois mais se pardonnent, ou restent fidèles toute leur vie, et puis finissent par mourir heureux dans les bras l’un de l’autre.

et puis on mourra tous tout roses et tous jolis

Et puis si des problèmes arrivent, s’ils se séparent, tout ça se fait dans une ambiance tellement passionnée, les disputes elles mêmes sont intenses – le mec hurle qu’il n’aime qu’elle et qu’elle est tout pour lui, la fille pleure très fort qu’elle ne veut pas le quitter, qu’elle va se petit suicider -, ils se disputent pour de vraies raisons fondamentales, se rabibochent en trente sept secondes sur un regard (quand toi tu passes trois jours à te faire la gueule pour une histoire de chaussettes qui trainent). Et puis s’ils se quittent, comme c’est l’amour de leur vie, il y a forcément un moment où ils se croisent « par hasard ». Genre signe du destin, dix ans plus tard et ils sont (comme par hasard) toujours disponibles, et tiens si on se remettait ensemble parce qu’au fond tu es le seul et l’unique amour de ma viiie.

Je sais pas pour vous, mais moi, c’est vraiment hyper rare que je recroise un ex « par hasard » dans la rue. Et quand ça arrive, bizarrement c’est pas un ex que j’ai envie de revoir, plutôt le genre « nnnooon j’espère qu’il ne m’a pas vu !! » et je change de trottoir.

I feel it in my fingers…

Tout ça pour dire, ces films d’amour romantique me sapent un peu le moral. Parce que mon histoire à moi, elle est toute basique, à base de rencontre chez des amis communs, de première fois sans rien d’extraordinaire, et de disputes sans casser de vaisselle pour des raisons bidons. Un truc de la vraie vie, quoi, avec ses hauts, ses bas, ses moments romantique sans forcément de coucher de soleil ou de musique qui va bien. Et pas d’éléphant. Une histoire somme toute normale. Et c’est peut être plus rassurant.

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Sinon c’est hors sujet mais c’est cadeau: il y a un concours sur mon blog cuisine pour gagner des patates, du fromage et des saucisses bretonnes. Ca se termine ce soir à minuit, alors GO GO GO !
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16 commentaires sur “la vie, c’est pas comme au cinéma

  1. +1 et c’est encore pire si ta mère t’as fait croire que le prince charmant existait :-) Non, franchement, j’adore ton billet. Je vais le mettre sous verre et le lire chaque jour que je trouverai mon histoire d’Amour trop classique en me disant également que non, les vampires, ça n’existent pas ^^

  2. Très drôle! Moi ça m’a fait rire!
    Ce que je me dis, en regardant des films où l’histoire est un peu trop tirée par les cheveux, c’est que, mettons, ils s’aiment grâce à un éléphant ont une histoire super pleine de rebondissements au début… Franchement, quand leur histoire sera entérinée et toute calme, ils vont se faire chier, nan? Ils vont se demander où est la grande passion contrariée du début, ça va leur manquer et ils vont se quitter et c’est pas cool…

    LEs vraies histoires de la vraie vie sans musique romantique en fond, au moins, tu sais un peu à quoi t’en tenir et quand les débuts et l’amour fusionnel n’est plus qu’un lointain souvenir ben t’es heureux quand même!

  3. Bel article, on a trop tendance à dire que le romantisme est mort mais à l’époque il n’y en avait pas plus, un des rare que l’on peut voir dans le passé c’est celui des vieux films.

    Ce qui entretien la flamme ce n’est pas le romantisme sinon la race humaine se serait éteinte depuis longtemps ^^’

  4. Ahaha c’est marrant, la semaine dernière j’ai revu The Notebook, qui était autrefois un de mes films préférés…pourtant je n’ai jamais subi aucune carence en termes d’histoires d’amour passionnées, même que je suis retombée amoureuse de mon ex sous la pluie et qu’on a fait l’amour dans la rue, en pleine lumière Oo. Des fois, dans la vraie vie, il arrive aussi des choses comme dans les films… mais c’est vrai qu’il reste un côté routinier et ordinaire comme tu dis qui ne crève pas l’écran. Peut-être qu’il faut se dire que cet aspect-là, dans les films comme ceux dont tu parles, ils ne le montrent pas tout simplement :)

  5. Excellent article, sincèrement! C’est fou comme t’arrive à trouver les mots drôles pour en parler, j’ai du sourire (voir même pouffer de rire comme une bécasse) toutes les 2 ligne 3/4 environ là… Bref j’adore, oh combien tu as raison! ;-)

  6. A noter aussi la fin de l’acte sexuel dans les film.

    Jamais d’Orgasm Face avec oeil fermé rictus et bruit bizarre, non non tout le monde jouit en même temps, et à chaque fois, mais ça encore ça reste crédible.
    Ce qui l’est moins c’est quand c’est fini et bien le mec, en général sur le dessus (afin de valider la théorie du drap autocollant au dessus des seins), se retire vite fait (pour ne pas rester collé sûrement) se couche sur le dos et les deux protagonistes essoufflés mais toujours nickel (peut être un peu ébouriffé) regardent le plafond.

    C’est ça l’Amérique.

  7. Oh tu sais des histoires à la « oh my god on se croirait trop ds un film », j’en ai vécu… et je suis toute seule dans mon appartement avec mes deux chats alors bon ;)

  8. Tout d’abord merci à tous, et désolée d’avoir mis tant de temps à répondre à vos comms :)
    Je suis touchée que vous vous soyez reconnus/marrés à la lecture de ce post.

    Et sinon oui il y a parfois des situations où la vie ressemble à un film (heureusement hein ;)) c’est juste que si on compare notre « vraie » vie est souvent un peu fade… mais moins crevante il faut l’avouer :

  9. le pire du pire, c’est pas les films américains où tu te dis que c’est vraiment pas crédible. C’est quand tu vas voir « la guerre est déclarée » et que tu sais que ça raconte la vie pour de vrai. Et là je me suis dit, c’est vraiment possible qu’un homme dise des mots comme ça………………. ??
    – Soupir –
    Mais, comme dit Malicia, et même si sûrement c’est parce que l’épreuve a été trop dure, au final ils se sont quand même séparés…
    Chienne de vie.

  10. J’ai eu le coup de foudre pour mon mec, on a couché le premier soir, c’était wow, il a emménagé chez moi au bout d’une semaine, je l’ai suivi par amour en Afrique, on s’est mariés 3 ans après au civil et 2 ans après à l’église mais tout ça c’était trop beau pour durer, parce que tout ça s’est terminé il y a quelques semaines.

    Oui la vraie vie ce n’est pas comme dans les films américains.

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