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une histoire ordinaire

1 Feb

une histoire ordinaire

Début des années 60. Une femme vient de tomber enceinte, pour la deuxième (?) fois. Elle a deux enfants, des jumeaux de 2 ans, un mari qui voyage beaucoup (trop ?). Classe moyenne, le mari est ingénieur, jeune cadre dans une grande industrie. Elle aussi d’ailleurs, est ingénieure. Comme quelques femmes à cette époque, elle a fait des études. Mais comme beaucoup de femmes à cette époque elle a du arrêter de travailler pour élever ses garçons.

Début des années 60, Madame Weil n’est pas encore passée par là. L’IVG n’est pas autorisée en France, hormis pour quelques rares cas “thérapeutiques”. Pourtant c’est une pratique qui a cours chez nos voisins, au Royaume Uni, en Suisse. Cette femme retourne la situation dans tous les sens, mais une chose est sûre: avoir un autre enfant serait trop compliqué. Ils ont beau avoir des revenus corrects, ils n’ont pas les moyens d’élever un troisième bébé. Les deux premiers ont deux ans, juste deux ans, ce sont des bébés, encore, et cette femme ne se sent pas la force de gérer un petit frère ou une petite soeur.

Elle aurait pu prendre ses “dispositions”, bien sûr, peut être, faire attention à ne pas tomber enceinte. Mais en retour de couches ce n’est pas facile. La pilule commence tout juste à faire son apparition, si elle existe peu de femmes se la voient prescrite. A l’époque, on parle méthode Ogino (ou “des températures”), on a des préservatifs, mais un préservatif, ça peut craquer. Et puis expliquez à un jeune couple qui ne se voit pas souvent qu’il faut respecter des dates pour faire l’amour ??

Soit. Cette femme est tombée enceinte, elle aurait peut être pu l’éviter, mais les faits sont là. Cette mère de deux jeunes enfants ne veut pas de ce bébé. Alors elle prend une décision difficile. Elle passe la Manche et prend rendez vous dans un hôpital anglais. Pour une IVG. Pour arrêter cette grossesse qu’elle ne désire pas, arrêter là l’arrivée d’un troisième enfant. Elle ne le fait pas de gaïté de coeur, non, mais elle sent qu’elle n’a pas le choix.

Au début des années 60, on n’utilise pas encore de moyens chimiques/médicamenteux pour interrompre une grossesse. On utilise une canule, qu’on introduit dans l’utérus et qui provoque une fausse couche. Parfois ça fonctionne et le foetus se décroche, parfois non, et il faut recommencer, ou on risque de donner naissance à un bébé abîmé. C’est une méthode un peu barbare, rappel des “aiguilles à tricoter” utilisées depuis des centaines d’années par les faiseuses d’anges.

Quelques jours plus tard, la femme est de retour en France. La canule est tombée. La femme n’est pas médecin, elle n’a pas certains réflexes, ne prend pas suffisamment de précautions d’hygiène, et replace elle même la canule.

Au début des années 60, une femme est morte des suites d’une IVG. Une infection, dûe à une canule mal stérilisée. Un dommage collatéral. 

Une histoire ordinaire. 

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Cette femme, c’était ma grand mère. Qui a laissé deux orphelins. Qui ont été élevés par leur grand mère. Qui n’ont pas connu leur maman. Cette femme c’était ma grand mère, elle était loin de faire partie d’un milieu pauvre, sans éducation. Classe moyenne, études supérieures. Pourtant elle est tombée enceinte. Pourtant elle a voulu avorter. Elle en est morte.

L’histoire comporte peut être quelques inexactitudes, mais de ce qu’on m’en a raconté, ça s’est passé à peu de choses près comme ça. Mes excuses pour les petites imprécisions, je ne suis pas une historienne de la contraception, il se peut donc que les informations liées aux dates soient inexactes. Ce que je sais, c’est qu’à quelques années près, ma grand mère aurait peut être pu pratiquer une IVG encadrée, plus sécurisée, dans un hôpital français, et serait peut être encore là ce jour (moi peut être pas, mais c’est une autre histoire ;)).

Cette histoire est une réponse, une réaction aux propos hallucinants tenus par le FN, qui propose de dérembourser les “IVG de confort”, càd les IVG sans raison thérapeutiques (grossesse suite à un viol, malformation génétique…). Je suis restée choquée devant cette annonce, et encore plus devant les réactions qui y font écho. A savoir ce type de commentaire (vu chez Dugomo, mais sûrement ailleurs): le non remboursement de l’IVG “de confort” en fera réfléchir plus d’une, on fera plus attention lors des rapports sexuels pour ne pas tomber enceinte, on “prendra ses responsabilités”. J’aimerais croire que ce soit le cas, j’aimerais croire qu’il y ait un moyen aussi “simple” de limiter les grossesses non désirées et de faire prendre conscience à des gamines de 16 ans que la pilule du lendemain ou l’IVG ne sont pas des moyens de contraception. A mon sens le seul moyen de limiter ça reste la prévention, et l’éducation. Et pas la “répression”.

L’exemple de ma grand mère prouve que de tous temps (et donc à des époques où l’IVG était interdit) des femmes ont refusé certaines grossesses, ont voulu pouvoir décider d’avoir un enfant ou non, ont voulu avoir le choix. Cette histoire montre aussi qu’on peut être une femme éduquée, avec des moyens “corrects” pour élever un enfant, et tomber enceinte sans le vouloir, et vouloir interrompre cette grossesse, pour des raisons qui ne regardent que la femme qui prend cette décision.

Je n’aimerais pas que cette histoire redevienne une histoire ordinaire. Pas en France. Pas au pays des Droits de l’Homme, où nous nous targuons d’être un pays développé, où notre devise prône l’égalité.

Je ferme les commentaires sur ce post, pas envie de me faire défoncer par des trolls de quelque croyance ou courant politique que ce soit, ce n’est pas le but. J’avais simplement envie de réagir à ces réactions, de vous raconter une histoire, mon histoire, un peu. Prenez ce témoignage et pensez en ce que vous voulez, en espérant que l’impact ira dans le “bon” sens.

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encore un matin

30 Jan

encore un matin

J’aime pas le matin. Je sais, c’est pas original, on doit être quelques millions de français à grogner chaque fois que le réveil sonne, et rechigner à sortir un orteil de sous la couette.

Mais franchement, qu’on se le dise, je sais pas quel est le c*n qui a décidé de ce moment débile où le soleil se lève et donc par conséquent on doit quitter la douce chaleur des draps pour aller bosser / à l’école / vaquer à d’autres occupations: l’invention du matin c’était une idée de merde.

J’aime pas le matin. J’aime pas les yeux tout collés et la lumière qui te file mal au crâne. J’aime pas sortir d’un rêve que j’ai pas terminé. J’aime pas la musique trop violente du réveil-qui-fait-de-la-musique et le bip bip relou de mon iPhone. J’aime pas devoir passer de la position allongée à debout, j’aime pas quitter les bras du Garçon, mon oreiller, mes nounours. J’aime pas devoir m’habiller en mode robot, ouvrir les volets et voir qu’il fait froid, moche et gris (tant pis si c’est pareil, gris et moche), avoir la tête dans le cul, la gorge qui grince et la bouche pâteuse, les idées à l’envers qu’il faut remettre dans l’ordre, et penser à tout ce qui m’attend pendant la journée qui s’annonce.

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home sweet home

16 Jan

home sweet home

Pour changer un peu de mes posts psycho sociologiques de ces derniers temps, j’avais envie de vous proposer un petit tour du propriétaire: mon chez moi (enfin le chez nous, puisqu’on partage le loyer avec le Garçon ;))

Au passage, je fais mumuse avec de nouvelles applis de “retouche” photo, j’avais une appli simple et gratuite qui faisait des Polaroids (Polarize) qui refuse de fonctionner, j’ai donc cherché d’autres solutions et atterris sur Hipstamatic… j’avoue ne pas être encore très convaincue (rien que le fait de ne pas pouvoir retoucher des photos déjà prises, c’est nul), mais bon. Si vous avez d’autres propositions, je prends !

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l’amour dure trois ans

6 Jan

l’amour dure trois ans

Voilà plus d’une semaine que je suis rentrée, que j’ai retrouvé la “vraie” vie, Paris gris et pluvieux, le métro et ma chère ligne 13, MonJob. Une semaine que je me dis “il faudrait que tu prennes le temps d’écrire sur ton blog”. Une semaine à ne pas le trouver, le temps, tout en sachant bien au fond de moi que si je voulais vraiment raconter quelque chose, je le trouverais.

Alors je pourrais vous dire que j’ai eu beaucoup de travail (ce qui est vrai), que j’ai reçu un cadeau extrêmement chronophage à Noël (ce qui serait aussi vrai), que le Garçon m’a accaparée pour les quelques restes de disponibilités. Que j’ai beaucoup dormi – enfin un peu plus qu’à mon habitude-, que les seuls moments de “libres” sont ceux passés chez moi et que je préfère bloguer au bureau, et que j’avoue que le soir en rentrant je préfère faire des câlins et nourrir mes Sims que griffonner sur mon clavier.

Je pourrais trouver deux mille raisons, je crois. Le fait est qu’hors vacances, et depuis les trois ans que va bientôt fêter ce blog, je ne me suis quasiment jamais arrêté d’écrire aussi longtemps. Alors j’ai retourné la question sous tous les angles, pourquoi, comment, d’où vient l’inspiration, me serais je lassée, ou bien c’est une passade… J’ai tenté de chercher l’inspiration, dans le métro, dans mon nouveau quartier de la semaine, dans mes vacances. Dans des histoires à la con que j’aime bien raconter.

J’ai beau avoir quelques pistes, ça ne sort pas, ça ne vient pas, ça n’arrive pas à passer le cap d’une simple idée.

N’en tirons pas de conclusions trop hâtives. Je suis une fausse blogueuse influente, et malgré la cessation de bloguer récente de plusieurs blogs que j’affectionnais, je compte encore venir raconter ma vie. Le comment, je n’ai pas encore défini. Un blog voyages ? Lectures ? Mode ? Beauté ? (oui j’ai tout envisagé, même si je ne sais pas si mon genou fou acceptera la pause en dedans…) Un ton moins décalé ? Ou simplement changer de design ?

En attendant que je trouve la sortie, sachez juste que je suis toujours là, et que même si 2012 esrt supposé apporter un nouveau Président, deux mois de pizza bières foot et une fin du monde version tsunami, je vous la souhaite très belle, pleine de bonheurs, de rires, et de bons souvenirs.

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deux mille onze

21 Dec

deux mille onze

Je sais, j’ai fait la même l’année dernière (on était en 2010, souviens toi). Et puis c’est un peu comme les bétisiers et les “best of” qu’on commence à se taper sur toutes les chaines, c’est pas original. Même si j’avoue avoir un peu flippé devant l’Année du Zapping, à réaliser tout ce qui s’est passé dans le monde cette année.

Bref.

J’ai pas trop le temps, ni la motivation, ni l’envie d’écrire en ce moment. Comme les tas de trucs que j’ajoute à ma TO DO list, j’ai quelques idées de posts en attente, mais je ne m’y mets jamais. Et puisque je pars ce soir en vacances pour 10 jours, il y a de grandes chances que je mette ce blog en pause pour Noël, parce que comment vous dire… j’ai besoin de souffler (et puis de toutes façons vous serez en train de vous goinfrez de foie gras alors je sais bien que personne ne passera par ici !)

Tout ça pour dire, j’avais envie de faire un petit retour sur cette année (de blogging). Avec mes posts préférés (ça vous occupera si vous avez du temps libre), mes voyages, et d’autres choses…

Janvier

j’attrape la gastro, un régime efficace après les fêtes; j’essaye de vendre des escarpins (ce qui me vaudra ma première home Hellocoton) et (horreur) Christophé Maé est nommé chevalier des Arts et des Lettres. sisi

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