paris by night
1 Mar

Il y a des jours – souvent – j’oublie que je vis à Paris.
A Paris, je veux dire, cette ville lumière que le monde nous envie, cette ville d’Arts, cette ville romantique, cette ville magnifique. Paris des films et Paris des Américains. Paris du Louvre, de la Seine et de Saint Germain.
CE Paris.
Comme toute ville dans laquelle on s’installe, il arrive un temps au bout duquel on se sent “chez soi”. Chez soi, comme un trajet familier chaque matin, comme des noms de rues qu’on reconnait, comme un quartier qu’on habite, avec son quotidien. La boulangerie. Le Monop’. La ligne de bus. On prend des habitudes, on sait quel wagon prendre pour arriver en face de la sortie, combien de temps pour faire Châtelet – Place de Clichy .
Il arrive un moment où la ville nous a apprivoisé.
Paris, pour moi, ça a toujours été une forme de fantasme. Depuis mes dix huit ans, Paris et ses mystères, Paris et sa liberté. Le symbole de la ville capitale par excellence, la ville des excès, aussi.
J’y venais chaque année. Une semaine, promener mes baskets dans les musées, les rues, me laisser emmener par l’inspiration. Paris comme une touriste, Paris avec le temps de s’y perdre, d’y rêver. Saint Germain, le Louvre étaient mes quartiers. Et les mystères de derrière les murs.
J’ai oublié que je vivais à Paris depuis que j’y habite. Je ne sors plus tellement de mon quartier, trajet boulot – dodo – ciné, musées le week end, parc Monceau l’été.
Mais certains soirs, lorsque je sors, il arrive que je traverse Paris. De mon 17e vers le Sud, rive gauche. C’est là que la magie opère à nouveau, lorsque de nuit, je traverse la Seine. Lorsque la ville est calme. Lorsque les lumières des ponts se reflètent sur l’eau. A pieds, à vélo. En scooter. Lever la tête pour regarder les Invalides. La pyramide de la Cour Carrée. Le bitume humide et les reflets.
Alors je me souviens. Paris et ses nuits blanches, à traverser la ville. Paris et ses lumières. Les nuits de printemps en sortie de soirée, les journées à marcher sans savoir. Ces lieux qui me sont aujourd’hui familiers reprennent tout à coup l’ombre du mystère, le goût des découvertes et de l’inconnu.
Alors, Paris reprend de sa superbe, et alors que les touristes et la foule sont rentrés, lors de balades nocturnes, je peux à nouveau dire que Paris nous appartient.





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