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la sainte

19 Oct

la sainte

Il est un grand champ au milieu de presque nulle part, où des gros cailloux paissent paisiblement depuis des centaines de milliers d’années. Il est un endroit reposant où coule une eau un peu trop calcaire entre de grosses roches grises et rouges, des gorges où le filet d’eau se transforme soudain en un lac miniature, à cause de tas de pierres disposées en barrage par quelques gamins. Il est un endroit au pied de la grande dame blanche, sous le regard bienveillant des pins et des nuages, un endroit où la terre prend étrangement les couleurs de l’automne – comme les feuilles de ces arbres qu’on ne trouve qu’au bord de l’eau – parce qu’ailleurs tout est trop sec, les buissons jaunis par le soleil, la poussière qui s’échappe du sol pour s’effondrer sur les branches des pins.

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2/12/1992 – 16/10/2011

16 Oct

2/12/1992 – 16/10/2011

Au moment où j’écris ce post, elle est allongée, enroulée dans une couverture, la tête posée sur un oreiller. Mon frère m’a prévenue cet après midi, elle refuse de boire ou manger, elle ne tient plus debout. C’est la fin, et même si ça fait plusieurs jours, même si on l’a vu venir, même si elle a atteint un âge très vénérable, ça fait comme une boule dans mon ventre lorsque je réalise que ça y est, c’est la fin.

Alors on est rentrés. Elle tremblait, les yeux mi-clos, la respiration difficile. Au fond, on espère tous qu’elle ne passe pas la nuit, qu’elle “s’endorme dans son sommeil”, comme dirait ma mère, qu’elle cesse de souffrir.

Elle, c’est Indie, Didou, Didie, Doudou, Chien, Canin, Dou, et tous ces noms qu’on a pu lui donner depuis qu’on est petits. Elle c’est ma peluche, un cadeau d’anniversaire pour mes 8 ans, après la mort tragique d’Amande, un Sacré de Birmanie de 6 mois passé sous une voiture, après mes larmes de petite fille à mes parents “Maman, pourquoi on n’a plus d’animal, c’est triste…”. Elle, c’est mon chien, un caniche abricot, une boule de poils qui a grandit avec nous, nous a suivi jusque dans nos vacances dans tous les coins de France, a couru des marathons avec mon père, fait des kilomètres à vélo dans les Landes, passé des sommets à 3000m, grimpé la Sainte Victoire à moitié accrochée sur un sac à dos, traversé la Corse de long en large, la Provence dans ses chemins les plus reculés, les Alpes, les Pyrénées, l’Alsace. Elle, c’était mon nounours, mon doudou lorsque j’étais triste, à mettre mon nez dans ses poils pour me rassurer, celle à qui j’ai raconté mes histoires de petite fille, puis d’ado. Elle ne savait pas rapporter la balle mais faisait un chien de cirque merveilleux, un compagnon de jeu tout fou, une bête fidèle qui nous aurait suivi n’importe où.

En Décembre, ma chienne aurait eu 19 ans. Demain matin, si elle est encore avec nous, ma mère l’amènera chez le vétérinaire pour l’aider à s’en aller.

J’ai beau me dire que 19 ans c’est un âge vénérable pour un petit chien, qu’elle était malade et plus du tout en forme depuis des mois, ce soir, je suis triste de devoir lui dire au revoir. Triste et heureuse en même temps, car j’ai la chance d’être rentrée chez moi ce week end et de la voir, car elle aura vécu une longue et belle vie, car elle nous laissera des tonnes de souvenirs. Car au travers de toutes ces années avec nous, elle nous aura rendus heureux.

Ce soir, je voudrais dire au revoir à cette petite chienne aux poils fous qui aura partagé 17 ans de notre vie et fait partie de la famille. Et même s’il y a des choses bien plus importantes et bien plus graves, et même si ça peut choquer certains qu’on pleure la perte d’un animal, j’avais envie de me souvenir, le temps de quelques mots, ce qu’elle a été pour nous. Avant de la laisser partir. Avant de retourner à ma vie…

Au revoir Indie.

- Edit -

Indie nous a quitté vers 23h30 ce dimanche 16 octobre. Elle n’aura pas attendu le lendemain, et c’est sûrement mieux ainsi. Je suis triste, mais soulagée qu’elle n’ait pas tenu la nuit, qu’elle soit morte dans les bras de ma mère, et pas dans la salle aseptisée d’un véto.

Voilà, c’est fini…

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journée d’orage

3 Aug

journée d’orage

De ce que je me souviens, j’ai toujours aimé les hirondelles. Ca ne s’explique pas, comme d’autres sont fans des dauphins ou rêvent de prendre un tigre dans leurs bras.

J’ai ce souvenir, gamine, des oiseaux qui se rassemblent, fin Août. Souvenir de vacances en famille, de cette vieille maison d’Alsace qui existe toujours, des nids des oiseaux sous les poutres noires.

Je suis à nouveau en Alsace, chez le Garçon cette fois ci. Aujourd’hui, ça sent l’orage, et si on n’est que début Août, les hirondelles ont commencé à se rassembler sur les fils. Alors je suis sortie, et j’ai couru dehors pour quelques photos, avant que la pluie ne se décide à tomber, avant de reprendre le TGV pour Paris, avant que l’envol des hirondelles ne marque le début de l’automne.

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dimanche 17 juillet

21 Jul

dimanche 17 juillet

Petit lecteur, petite lectrice et autres bottes de pluie, je vous délaisse. J’en suis toute contrite. Mais voilà, la météo persistante en version automne me déprime un peu, et si j’écris ici ce serait pour te raconter des trucs tristes… pas très adapté au blog rose girly. Mais tu remarqueras que là bas non plus il ne se passe rien, comme quoi même avec du sujet tout prêt la motivation ne règne pas.

Sinon pour les news, dimanche dernier j’ai eu 25 ans. L’occasion de me dire que bizarrement je me fous de vieillir (c’est bien ça faisait des années que je voulais pas grandir, et puis là depuis que je bosse et que j’ai une vie “d’adulte” j’aspire à plus de légitimité… et donc d’années). L’occasion de voir la famille, les amis, réunir des gens que j’aime. Dimanche sous la pluie, hier soir pour une soirée d’appartement. Avec bougies.

(merci @Celine pour la photo)

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on oublie

30 May

on oublie

Deux ans déjà, deux ans à peine, voilà deux ans que je suis, comme on dit, en couple. Ce n’est pas un état passager, d’être en couple, pas comme être enceinte ou avoir un bras cassé, non, être en couple ça peut être pour la vie.

Du moins, c’est ce qu’on dit.

Alors que ce week end l’objet de mon attention amoureuse est loin de moi, c’est par hasard qu’on me cite dans un article sur les PCRA (je vous invite à lire, c’est par là). Etrange retombée dans un passé pas si lointain… car oui, durant les six premiers mois de l’existence de ce blog, j’étais, comme on dit, célibataire. Et pendant plusieurs années avant, aussi.

J’ai donc écrit des choses que je ne renie pas, mais dans lesquelles je ne reconnais plus du tout ma vie. Retomber sur ce texte m’a fait alors réaliser à quel point on oublie vite ce qu’était l’autre quotidien, la vie d’avant lui. Oui, c’est facile lorsque les ami(e)s se retrouvent seul(e), à nouveau, on leur dit que ça ira, que ça va passer, qu’elles retrouveront autre chose. Qu’être seule aussi, c’est parfois bien. Parce qu’on sait qu’on a vécu ces moments pas faciles, avant, et qu’on s’en est sortie, et qu’on en est là aujourd’hui. Mais il y a tant d’autres aspects auxquels on ne pense plus. Parce qu’à un moment la vie à deux est devenue notre évidence, notre seule vision.

Et puis arrive ce week end où l’autre est loin. Les copines pas forcément disponibles. Et on réalise ce qu’on a oublié…

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