alors on est allés voir la mer

pieds-sable

C’est toujours trop court. Le temps de se dire salut ça va, de rattraper les nouvelles, ton visa, ton boulot, les amours, et on commence à peine à parler de vraies choses – des choses dont on discutait quand on se voyait, avant – que c’est déjà le moment de se dire au revoir. Next. Traverser Paris sous terre, les lignes s’enchaînent et se ressemblent toujours un peu, je connais presque par coeur le tracé des couleurs sur le plan, changement, couloirs blancs, les 4×3, l’odeur de la pisse. Raconter pour la 5e fois la même chose, répétition absurde qu’on enchaîne pourtant presque avec plaisir, parce que ça fait du bien de se voir. Vraiment. C’est frustrant, aussi, parce qu’il suffit d’un mauvais jour, d’une fatigue passagère, et on se loupe – c’est la vie. (…)

les vacances

cdg

Alors voilà, je suis rentrée.
C’est drôle, quand j’y pense, depuis Montréal, je dis « je rentre en France », et depuis la France, je rentre chez moi. On devient schizophrène quelque part, avec tous ces avions, ces kilomètres, les gens ici, là bas, le là bas qui devient ici tandis qu’on se demande un peu étrangement c’est où, chez soi.
C’était douze jours un peu flous – la parenthèse prévisible. Comme cet été, ce séjour en France m’aura laissé un goût étrange.(…)

la parenthèse

7570

Dans quelques heures, je serai dans un avion d’Air France, direction Paris. Dans quelques heures, j’atterrirais à Roissy, dans ce grand terminal tout beau tout neuf. Je réalise pas. C’est l’impression que mes dernier pas sur les pavés français ont eu lieu hier, et que ce hier, c’était il y a une éternité. C’est l’impression que ces six mois qui me séparent de ce mois de Juillet, à l’aéroport Marseille-Provence, à dire au revoir à mes parents au milieu des sacs colorés.(…)

chez nous

Dernier soir en France, dehors résonnent non pas les explosions d’un feu d’artifice mais la sono variée de mon voisin qui fête son anniversaire, je suis d’humeur un peu chafouine. Demain, je reprends l’avion, direction chez moi. Ou chez nous, comme on dit là bas. En dix jours ici, j’ai réalisé que ça y est, même si la France sera toujours mon pays, je pense désormais à Montréal comme mon chez moi.(…)

Paris.

L’avion a quitté Montréal jeudi, on a parcouru des kilomètres au dessus de nuages cotonneux. Si le vol s’est bien passé, je ne sais pas. Dès les premières minutes, enfermée dans mes bouchons d’oreille, coupée du monde, j’ai déconnecté. Le matin s’est étiré blanc et lourd sur la capitale. Roissy, ses couloirs interminables, l’attente au bout – des SMS lancés pour s’accrocher à ces retrouvailles, je t’attends, j’ai hâte, moi aussi.
Paris pour quelques jours. Paris sous la chaleur poisseuse d’un début de Juillet.(…)