Tag Archives: paris

le syndrome de la parisienne

15 Jan

le syndrome de la parisienne

Voilà déjà cinq mois que j’ai quitté Paris, pour Bordeaux d’abord, puis depuis un mois et demi pour retrouver mon Sud natal. Cinq mois, c’est long et c’est court à la fois, et j’ai depuis eu le temps de remonter trois fois dans la capitale pour voir les coupaings et prendre une bouffée d’air pollué, revoir les immeubles Haussmanniens et la Tour Eiffel, et me promener dans les couloirs qui puent du métro.

Le truc étrange, c’est que cinq mois après et malgré tout ce temps passé en Province, je ne me sens absolument pas dépaysée quand je remonte à Paris. C’est même complètement autre chose, il y a un sentiment de familiarité (jusqu’ici c’est un peu normal pour une ville où j’ai vécu plus de trois ans), voire même de “je m’y sens chez moi”.

Voilà. C’est ce truc très bizarre qui m’est arrivé la dernière fois que je suis montée, arrivée à Gare de Lyon, et que j’ai pris la 14 et la 13 direction chez des amis qui vivent Porte de Saint-Ouen. Je suis arrivée avec mes valises, j’ai suivi machinalement les couloirs de la gare, emprunté le changement à Saint Lazare, avec l’impression tenace que je rentrais chez moi.

le chouette groupe de musiciens slaves à Concorde

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#Paris

31 Oct

#Paris

Paris n’a pas changé. Angus Stone dans les oreilles, je marche dans ses rues et c’est une tonne de souvenirs qui m’assaillent. Ceux des débuts, quand je venais d’arriver, jeune provinciale fascinée par cette ville sans cesse en mouvement. Ceux des moments ici, des après midi à se promener, des pauses shopping entre midi et deux, des détours par ci par là, des heures perdues dans les lumières des magasins. Ceux de la fin, les derniers jours de Juillet où il faisait si chaud. Mes pas ont repris quelques uns des trajets que je faisais tous les jours, ou moins souvent. Ligne 13, bus 66, Grands Magasins, Saint Lazare, Haussman. Le 17e, Batignolles, rue Nollet… Les réflexes reviennent, dans le métro bondé pousser les gens, les yeux rivés sur mon iPhone, dans le bus je ne fais pas attention au trajet que je connais par coeur, encore. Paris est belle, mais j’y suis insensible. Blasée, peut être, comme ceux qui y vivent, on a tendance à oublier la beauté de cette ville, noyée dans son agitation. Rien n’a changé et pourtant tout est différent. Comme plonger à pieds joints dans un souvenir, comme si c’était encore un peu chez moi, familier, et pourtant je n’y ai plus de chambre. Juste un matelas chez des amis pour accueillir mes nuits…

Paris pue, et pourtant Paris fourmille de ces odeurs caractéristiques à l’automne. Je respire à pleins poumons, les parfums des gens, l’odeur de la rue Porte de Saint Ouen, les vendeurs de maïs grillés devant le Printemps, la friture du MacDo, les boulangeries. Comme cette foule – les gens se pressent, tous âges, tous styles, toutes origines. J’avais oublié ce que c’est, une ville qui grouille, un mercredi après midi. J’avais oublié ce monde, ce mouvement, perpétuel, infini.

Deux mois ont passé depuis mon dernier passage ici. Je n’étais pas revenue dans ces rues qui ont abrité ma vie ces dernières années, pourtant. Le code n’a pas changé, la gardienne non plus. Les volets du square sont fermés, comme d’habitude. Ils sont en train de changer l’ascenseur. Voilà, c’est fini. La porte s’est refermée. Je suis déjà repartie.

Paris n’a pas changé, je crois. Mais peut être que moi, si.

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sans titre

28 Jun

sans titre

post pas funny. mais j’ai fait des muffins à la banane, alors ça va un peu mieux…

Sans titre, parce que j’aurais aimé – vraiment – écrire quelque chose de gai, de léger, d’autre ce soir. Raconter une histoire qui fait sourire, un truc comme ce post de Blonde Paresseuse plein d’herbes folles, un truc pour sortir de mes histoires de départ et de déménagement.

Mais certains jours ne se passent pas comme on l’attend, certaines semaines mettent vos émotions à rude épreuve. Alors je savais, que ce serait dur. Moi et mon coeur d’artichaut, moi et ma sensibilité de femme sous pic d’hormones qui me fait certaines fois avoir les larmes aux yeux devant une pub un peu émouvante ou une histoire de chat sauvé des eaux. Je savais que ce serait dur de partir, de quitter cette vie, que j’allais avoir des moments de nostalgie, de tristesse, en pensant à tout ce que je quitte ici.

Mais celui là, je l’attendais pas. Je pensais pas, en annonçant mon départ, devoir appréhender cet aspect là, du moins pas sous cet angle, pas dans ces proportions. Mais chaque jour qui passe me fait de moins en moins regretter mon choix. Chaque jour qui passe me fait dire “pourquoi est ce que je ne suis pas partie plus tôt ?”.

Ce jour où tu réalises l’indifférence de certains, là où tu pensais manquer. Ce jour où tu te rends compte que tu es loin d’être irremplaçable quoiqu’on t’aies fait croire. Ce moment où tu prends conscience qu’au fond, la plupart des gens avec qui tu partages ton quotidien ne sont pas plus affectés que ça par ton départ – et te donnent l’impression d’être déjà passés à autre chose.

Alors oui, personne n’est irremplaçable, la vie continue. Et puis je ne suis pas la première à partir, ni la dernière, après tout d’autres partent en même temps que moi (et pas pour les mêmes raisons). Mais putain, avoir donné 3 ans et demi dans quelque chose qui a compté – vraiment compté, décider de s’en aller parce qu’on réalise aussi qu’on n’est pas (plus?) suffisamment pris en compte, et se rendre compte qu’on est loin – très loin du compte sur la façon dont les gens considèrent notre place… c’est dur. Et je ne m’y attendais pas. Pas comme ça.

Bao a dit dans un commentaire “tu verras ceux qui restent. les vrais”. Je commence à voir, oui. Ca se dessine même très distinctement. Et le plus fou dans l’histoire est que l’attention vient de certaines personnes dont on n’attendait rien, tandis que ceux qu’on connait depuis le plus longtemps, ceux avec qui on a tant partagé, semblent te dire “mais pourquoi tu t’es pas barrée avant ???”.

Pourquoi. Même si les choses avaient changées. Même si j’ai pris des coups. Même si j’ai depuis longtemps déchanté. Même si. Parce que je pensais être utile. Apporter quelque chose. Avoir joué un rôle dans tout ça. Que je comptais, ne serait ce qu’un peu, malgré tous les changements qui signaient mon obsolescence…

C’était peut être vrai. Avant.

Alors je compte les jours qui restent, et j’attends. Je continue à avancer pour partir la tête haute, pour ne pas laisser de miettes après mon départ, mais je suis profondément déçue. Et triste, de voir ce que tout ça est devenu.

Et puis il reste les quelques – sur les doigts de la main – qui sont là, qui me font rire, à pleurer, ceux qui partagent le même humour merdique et l’amour des gifs animés, ceux avec qui on boit des pintes et on refait le monde après le boulot, ceux que j’ai formés, encadrés, avec qui j’ai partagé tellement de moments. Et ceux que je côtoie via l’écran, avec qui j’ai échangé si souvent ces dernières années qu’ils sont pour la plupart passés de l’autre coté – coucou. Et puis ceux qui ne sont pas toujours là, qui ne sont que des connaissances, mais qui ont exprimé quelque chose, ne serait ce qu’un mot, une attention, une compassion. Ceux là, pour/à cause de qui je pleurerai sûrement en partant, ceux qui garderont une trace, même infime, j’ai envie de les serrer dans mes bras et de leur dire merci d’être là, merci d’être vous, merci.

Aller, revenez demain, ça sera plus joyeux :)

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les petits bonheurs

25 Jun

les petits bonheurs

J’ai beau critiquer Paris et m’y sentir pas forcément bien tous les jours, cela reste malgré tout une ville magnifique. J’avais écrit un post il y a quelques mois deux ans (que ça passe vite !) sur Paris la nuit, et le passage de Rive Droite/Rive Gauche qui me fait réaliser que je vis dans une des plus belles villes du monde – oui soyons chauvine un coup ;)

Il y a ces moments où on se sent soudain bien, ces petits instants qui nous redonnent le sourire – comme cette femme avec qui j’avais échangé quelques mots dans le métro; ces moments qui font que soudain tout s’efface, la météo merdique, les journées métro boulot dodo, les gens cons, la pollution.

Voilà donc mon petit “top 10″ non exhaustif des trucs (qui coûtent rien) à faire à Paris et qui font du bien.

1 – Prendre le bus plutôt que le métro, parce qu’on a le temps, parce que c’est quand même plus beau qu’en dessous, parce qu’on se rappelle que Paris c’est pas juste métro-bureau-chez soi. 

2 – Traverser Paris en vélib un soir d’été – lorsqu’il ne fait pas trop chaud, mais suffisamment pour être en sandales et sentir l’air voler dans les cheveux. Ou rentrer à pieds, pieds nus parce qu’on a mal à cause des talons. Et sentir le bitume. 

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ceux qui touchent

18 Apr

ceux qui touchent

Hier, dans le métro. Ma ligne 13 quotidienne, pas si blindée pour une fois. Je suis debout, dans l’allée entre deux sièges. Miromesnil,ou peut être une station avant, il y a cette femme qui monte. Le métro repart, elle vacille et me marche à moitié sur le pied. “Pardon” elle me dit avec un sourire. J’aime les sourires dans le métro. J’aime les gens polis, c’est tellement rare. Deuxième secousse, elle manque de tomber et s’accroche à mon bras, “restez debout !” je lui dis. Sourire. Elle répond, on échange quelques mots, et soudain il y a comme ce calme qui se fait en moi.

Je ne suis pas réellement une personne tactile. Je n’aime pas particulièrement le contact avec les gens et je ne vais pas “naturellement” toucher les autres, mais cela ne me dérange généralement pas. Dans le Sud, les gens se touchent, posent la main sur toi lorsqu’ils te parlent, ont ce sens du tactile, culturellement. Les hommes se font la bise et ça ne choque personne. En Allemagne, lorsqu’on se connait bien, on se “hug” pour se dire bonjour. A Paris, malgré la promiscuité qu’offre cette ville et ses transports en commun, les gens ne se touchent pas. Ce n’est pas dans la culture, étrangement on cherche plutôt à s’éloigner, à supprimer la proximité que nous impose le mode de vie Parisien. Alors je me suis habituée, à n’être plus touchée, à ne plus toucher les autres. Parce que ça ne se fait pas. Parce qu’ils peuvent être mal à l’aise. Parce que c’est comme ça.

Et puis, de temps en temps, il arrive qu’une personne pose ses mains sur moi, qu’un contact se produise. Un collègue qui vient mettre ses mains sur mes épaules alors que je suis assise devant mon écran. Une amie qui me serre dans ses bras. Une inconnue qui s’accroche à mon bras dans le métro pour ne pas tomber…

Cette femme, plutôt âgée, plutôt apprêtée. Manteau noir, mascara, & rouge à lèvres, un parfum léger. Les yeux mi clos pour lire son magazine, peut être à cause d’une coquetterie qui la retiendrait de porter des lunettes de vue. Un contact pourtant rapide, une discussion entre deux stations, comme deux usagers qui échangent des banalités sur la conduite sportive de certains conducteurs de métro, et pourtant il se passe quelque chose. Nous sommes allées nous asseoir après que deux personnes aient libéré leur place pour descendre, et la sensation a perduré. Comme un état de calme, d’apaisement. Comme si cette femme, sa présence, son parfum, sa voix, avaient sur moi un effet relaxant.

Brochant, il a fallu descendre. Au revoir madame. Et pourtant, j’avais envie de rester là, jusqu’au bout de la ligne près de cette aura reposante. J’ai eu envie de me tourner vers elle et de lui dire, madame, merci pour ce moment, peut être que vous ne le savez pas mais vous avez quelque chose qui émane, une aura, une présence qui m’a fait du bien.

J’ai voulu raconter, alors, l’influence de ces personnes, bien souvent des inconnus, qui apparaissent aussi soudainement qu’ils repartent, et qui, par une voix, un geste, nous donnent envie de nous poser, de rester là sans bouger, parce qu’on se sent bien. Ca m’est arrivé, quelques fois, de me sentir zen, bercée par la voix d’une vendeuse, touchée par une personne de mon entourage. A ce moment je me sens comme une enfant qui aimerait que cette voix continue à lui raconter des histoires pour s’endormir, ou que cette main reste là, posée sur mon bras.

Je ne sais pas si ces gens ont conscience de l’effet qu’ils produisent, ou si c’est juste moi. On parle souvent d’auras, ou de “toucher” qu’auraient certaines personnes, de magnétisme. Je ne sais pas s’il s’agit d’y croire, ou simplement d’apprendre à se laisser porter. Arrêter d’être constamment sur la défensive quand quelqu’un pose sa main sur vous, ou entre dans votre espace “intime”. Peut être s’agit-il juste d’accepter que nous sommes des être sociaux, et que ce contact est important et peut faire du bien. On l’a oublié, je crois, à Paris, dans notre mode de vie. Comme la parole, ou un sourire peuvent aussi déstresser en quelques secondes.

Merci, madame du métro, pour ce moment d’apaisement…

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